Le jeu de l'enfant 
 
École, cycle 3   


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Le jeu est l'activité fondamentale de l'enfant. En effet, selon Jean Chateau, « l'enfant est un être qui joue et rien d'autre 1 ».

Jean-Claude Arfouilloux précise que si, pour l'adulte, le jeu est un divertissement, une distraction, il est vécu par l'enfant comme « une activité sérieuse engageant toutes les ressources de la personnalité, activité par laquelle il s'expérimente et se construit. 2 »
Pourquoi l'enfant joue-t-il ?
Selon Winnicott 3, l'enfant joue :
  • par plaisir ;
  • pour exprimer de l'agressivité (le jeu permet l'expression réprimée de la violence) ;
  • pour maîtriser l'angoisse ;
  • pour accroître son expérience ;
  • pour établir des contacts sociaux.
D.W. Winnicott tient pour essentielle la distinction entre « game » : le jeu strictement défini par les règles qui en ordonnent le cours, et « play » : le jeu qui se déploie librement, activité caractéristique de l'enfant qui construit un espace potentiel dans lequel il expérimente ses angoisses.
Quels jeux pour l'enfant ?
Plusieurs auteurs ont essayé de proposer un classement
Piaget a établi une classification génétique avec une évolution en trois stades :
  • les jeux d'exercices ;
  • les jeux symboliques ;
  • les jeux à règles (vers 5-6 ans).
Chateau s'en rapproche avec une classification en quatre étapes :
  • jeux fonctionnels de la petite enfance ;
  • jeux symboliques ;
  • jeux de prouesse ;
  • jeux sociaux.
Caillois s'attache plus à dresser une typologie des jeux selon quatre attitudes fondamentales : 
  • jeux de compétition (Agôn) ;
  • jeux du hasard (Alea) ;
  • jeux de simulacre (Mimicry) ;
  • jeux de vertige (Ilinx).
Six caractéristiques psychologiques du jeu enfantin
Dans leur ouvrage intitulé A l'école du jeu, 4 Pierre Ferran, François Mariet et Louis Porcher définissent les « traits fondamentaux constitutifs de tout acte de jouer ».

La fiction
Dans le jeu il existe un « décalage » par rapport à la réalité. « Le jeu possède des caractéristiques imaginaires, des traits de rupture avec l'empirisme et le réalisme habituels. De ce point de vue, il manifeste un certain pouvoir de liberté créatrice, et, par conséquent la capacité de se mettre à distance par rapport aux évènements apparemment nécessaires (notamment en termes d'obligation et de tâches) de l'existence journalière. »
La fiction naît de la décision de jouer prise par les partenaires et dure le temps de la partie de jeu.

La détente
« La fiction du jeu fonctionne pour l'individu joueur comme une détente, c'est-à-dire un détachement par rapport aux tensions et aux luttes de l'existence réelle.(...) Cela explique, par exemple, que l'enfant joue souvent contre quelque chose, pour prendre sa revanche sur un sort défavorable. »
Pendant le jeu l'enfant se protège donc des agressions du monde extérieur et il « récupère », comme après un effort.

L'exploration
« Jouer, c'est explorer le monde, se mesurer à lui, rassembler ses propres forces pour résoudre une difficulté, vaincre un obstacle. »
Le jeu est une action, « exercice d'un pouvoir ». L'enfant explore le monde en même temps qu'il s'explore lui-même.

La socialisation
« Le jeu offre la possibilité d'entrer en relation avec autrui sur le mode simultané de l'affrontement et de la collaboration, de l'antagonisme et de la coopération. (...) Parce que le jeu est fiction, l'affrontement y est symbolique. »
L'enfant rencontre des adversaires qui sont aussi des partenaires. Il élabore des échanges avec eux et construit sa personnalité dans ses relations avec eux.
« Un enfant qui joue est un enfant qui se socialise. »

La compétition
« Le jeu a un but et constitue un enjeu. (...) La compétition est donc soit à l'égard de soi-même, soit à l'égard des choses, soit à l'égard d'autrui. »
Le fait de jouer implique l'acceptation d'une épreuve en vue d'obtenir une réussite. On perd ou on gagne et le plaisir réside dans l'espoir de la victoire.

La règle
Le jeu est organisé et repose sur des conventions ; tricher annule le jeu tel qu'il est instauré.
« L'enfant (comme l'adulte) s'y découvre comme un être social et unique à la fois, gendarme et voleur, législateur et escroc, bourgeois et vagabond. »

À la vue de ces différentes analyses, il apparaît qu'établir une classification raisonnée du jeu s'avère être un exercice difficile car l'on aboutit à des typologies divergentes selon les perspectives de leurs auteurs : psychologique, psychopédagogique, anthropologique, empirique, utilitaire.



© CRDP du Limousin - Thém@doc - Le jeu dans la classe de langue, 2003
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