Vendredi 26 juin 2026

Formation

Salaire d'un apprenti : grille de rémunération

Harold Par Harold
9 min de lecture
Salaire d'un apprenti : grille de rémunération

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut est fixé à 1 867,02 euros, après une revalorisation de 2,41% par rapport à la période précédente. C'est sur cette base que se calcule le salaire d'un apprenti. Concrètement, la rémunération varie selon deux critères principaux : la tranche d'âge de l'apprenti et l'année d'exécution du contrat d'apprentissage. Plus l'apprenti avance en âge et en formation, plus son salaire progresse. Cet article détaille la grille de rémunération légale, les cas de majoration, les situations particulières, et les règles liées aux cotisations et avantages en nature.

La grille de salaire minimum d'un apprenti en 2026

Les montants bruts mensuels selon l'âge et l'année de contrat

La rémunération minimale légale s'organise autour de quatre tranches d'âge et trois années d'exécution. Voici les montants bruts mensuels applicables en 2026 :

Tranche d'âge 1ère année 2ème année 3ème année
Moins de 18 ans 504,10 € (27%) 728,14 € (39%) 1 026,86 € (55%)
18-20 ans 802,82 € (43%) 952,18 € (51%) 1 250,90 € (67%)
21-25 ans 989,52 € (53%) 1 138,88 € (61%) 1 456,28 € (78%)
26 ans et plus 1 867,02 € (100%) 1 867,02 € (100%) 1 867,02 € (100%)

Les apprentis de 26 ans et plus perçoivent au minimum 100% du SMIC ou le salaire minimum conventionnel si celui-ci s'avère plus élevé. La branche du Bâtiment, par exemple, applique 40% du SMIC dès la première année pour les moins de 18 ans, soit 747,00 euros, contre 27% dans le régime général. La Chambre des Métiers reste l'interlocuteur de référence pour connaître les spécificités de chaque branche professionnelle.

Du salaire brut au salaire net mensuel

En première année de contrat d'apprentissage, les fourchettes de salaire net estimées sont les suivantes :

  • Moins de 18 ans : entre 489 et 504 euros nets par mois
  • 18-20 ans : entre 779 et 803 euros nets par mois
  • 21-25 ans : entre 948 et 978 euros nets par mois
  • 26 ans et plus : entre 1 621 et 1 671 euros nets par mois

Ces montants nets progressent à chaque nouvelle année d'exécution. L'écart entre brut et net reste limité pour les jeunes apprentis, principalement grâce aux régimes d'exonération décrits plus loin tout au long de cet article.

Les dates de changement de tranche d'âge et d'année de contrat

Le changement de tranche d'âge n'est pas immédiat le jour de l'anniversaire. Il intervient le premier jour du mois civil suivant. Un apprenti qui atteint 18 ans le 13 avril verra ainsi son salaire augmenter à compter du 1er mai. C'est une règle simple, mais fréquemment mal connue des employeurs et des apprentis.

L'augmentation liée au passage à une nouvelle année d'exécution du contrat, elle, intervient exactement à la date anniversaire du début du contrat d'apprentissage. Ces deux mécanismes sont indépendants : les deux hausses peuvent donc tomber le même mois ou à des moments très variés.

Les cas de majoration et situations particulières du salaire d'un apprenti

Majoration en cas de formation complémentaire ou de diplôme connexe

Une majoration de 15 points s'applique sur le pourcentage de référence lorsqu'un apprenti prépare une mention complémentaire ou un diplôme connexe de même niveau. Un apprenti de 19 ans en mention complémentaire perçoit ainsi 58% du SMIC (43% + 15 points). De même, un apprenti de 18 ans titulaire d'un CAP et préparant un BEP dans les mêmes domaines en un an touche 66% du SMIC (51% de deuxième année + 15 points de majoration). Dans le secteur public non industriel et commercial, les majorations diffèrent : +10% pour un diplôme de niveau IV, +20% pour un niveau III.

Majoration en cas de succession de contrats d'apprentissage

La succession de contrats obéit à des règles précises. Avec le même employeur, la rémunération doit être au moins égale à celle perçue lors de la dernière année du contrat précédent. Avec un employeur différent, la rémunération minimale doit correspondre à celle réglementairement applicable lors de cette même dernière année. Ces dispositions visent à protéger les apprentis qui changent de voie ou d'entreprise sans perdre en rémunération.

Cas particuliers : redoublement, apprenti handicapé, mineur chez ses parents

En cas de redoublement, le salaire reste identique à celui de l'année précédente, sans régression. Pour un apprenti handicapé bénéficiant d'une année supplémentaire de contrat, la rémunération correspond à celle de l'année précédente, majorée de 15 points du SMIC. Concrètement, un apprenti handicapé de 21 ans en quatrième année perçoit au minimum 93% du SMIC (78% de troisième année + 15 points).

Lorsqu'un apprenti mineur travaille chez l'un de ses parents, l'employeur doit verser au minimum un quart du salaire sur un compte bancaire désigné dans le contrat. Cette règle protège l'autonomie financière de l'apprenti.

Deux professionnels discutent finances avec symboles bancaires

Comment évolue la rémunération selon le diplôme préparé ?

Bac pro, Licence professionnelle et Bachelor

Le niveau du diplôme préparé influe directement sur le calcul de la rémunération. Pour une Licence professionnelle en un an, la rémunération minimale équivaut à celle d'une deuxième année d'exécution de contrat. Un apprenti de 22 ans dans cette configuration perçoit ainsi au moins 61% du SMIC. La même logique s'applique au Bachelor : le calcul dépend de l'historique de formation de l'apprenti et de sa situation avant d'intégrer ce cycle de formation.

BUT et Master

Pour un BUT intégré uniquement en troisième année après deux années en formation initiale, le salaire se calcule sur la base d'une troisième année de contrat, soit 78% du SMIC pour les 21-25 ans. Si l'apprenti intègre ce même BUT en troisième année après un précédent cycle de formation, le calcul repose sur une deuxième année d'exécution.

Concernant le Master, la première année (M1) correspond à une première année de contrat d'apprentissage, et le Master 2 à une deuxième année d'exécution. Un apprenti titulaire d'un diplôme supérieur à celui préparé doit systématiquement percevoir un salaire de deuxième année.

Durée de contrat réduite ou prolongée

Quand la durée du contrat est inférieure à celle du cycle de formation, l'apprenti est considéré comme ayant accompli une durée équivalente à ce cycle pour le calcul de sa rémunération. En cas d'échec à l'examen entraînant une prolongation, le salaire minimum correspond à celui versé pendant la dernière année précédant cette prolongation.

Cotisations, bénéfices en nature et primes dans le contrat d'apprentissage

Cotisations salariales et exonérations applicables

Depuis mars 2025, la part de rémunération supérieure à 50% du SMIC peut être soumise aux cotisations salariales classiques. Pour les contrats conclus avant le 28 février 2025, aucune cotisation salariale n'était retenue jusqu'à 79% du SMIC, et la rémunération restait exonérée de CSG et de CRDS. Au-delà de ce seuil, la part excédentaire supporte les cotisations habituelles.

Le salaire d'un apprenti reste exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du SMIC, fixé à 22 404 euros en 2026. Pour les contrats de professionnalisation conclus depuis le 1er janvier 2019, une exonération de charges sociales complète s'applique, couvrant notamment l'assurance maladie, la vieillesse, les allocations familiales et les contributions d'assurance chômage.

Les avantages en nature et leur déduction sur le salaire

L'employeur peut déduire du salaire des avantages en nature tels que le logement, la nourriture ou le transport, dans la limite de 75% de leur valeur admise par la Sécurité sociale. Pour un repas, la déduction maximale est de 4,09 euros (5,45 euros x 75%). Dans le secteur hôtels-cafés-restaurants, ce montant descend à 3,16 euros au 1er janvier 2025. La déduction totale des avantages en nature ne peut en aucun cas dépasser 75% du salaire minimum mensuel.

Les primes et atouts collectifs auxquels l'apprenti a droit

L'apprenti doit percevoir toutes les primes dues à l'ensemble des salariés : prime de vacances, 13e mois, indemnités de transport... Ces éléments de rémunération découlent d'une convention collective ou d'un engagement unilatéral de l'employeur. Ils ne s'imputent pas sur la rémunération minimale légale.

Le temps passé au CFA est intégralement inclus dans le temps de travail rémunéré. L'employeur ne peut donc pas proratiser le salaire brut en fonction des heures passées en entreprise. Pour aller plus loin sur les métiers accessibles par la voie de l'alternance, consultez cet article sur les métiers par vocation et opportunités professionnelles pour votre carrière.

L'auteur

Harold

Harold

Harold a monté une entreprise, l'a plantée puis redressée. Fort de cette expérience, il partage aujourd'hui un regard pragmatique sur l'entrepreneuriat.

Il parle sans filtre de trésorerie, d'échecs, de levées et de fiscalité, avec une obsession pour les vrais chiffres plutôt que le storytelling. Ses articles sont directs, chiffrés et conçus pour aider ceux qui veulent comprendre la réalité économique d'une boîte.

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