Lundi 27 juillet 2026

Finance

Salaire d'un maire : indemnités et revenus

Harold Par Harold
7 min de lecture
Salaire d'un maire : indemnités et revenus

Être maire n'est pas un métier : c'est un mandat électif. Pourtant, la fonction ouvre droit à une indemnité de fonction, distincte d'un salaire au sens du Code du travail. Son montant dépend directement du nombre d'habitants de la commune et évolue dans un cadre légal précis. La loi Gatel du 22 décembre 2025 a récemment modifié ce régime, notamment pour les petites communes. Voici tout ce qu'il faut savoir sur les montants applicables, les règles de cumul, la fiscalité et les dispositifs complémentaires.

Une indemnité de fonction calculée selon la taille de la commune

Le montant brut mensuel perçu par un maire n'est pas fixé librement : il résulte d'un taux en pourcentage de l'indice brut 1027 (IB 1027), défini par la loi et variable selon la strate démographique. Depuis le 1er janvier 2026, les barèmes issus de la loi Gatel s'appliquent.

Indemnités de fonction des maires au 1er janvier 2026
Strate de population Montant brut mensuel % de l'IB 1027 Montant annuel
Moins de 500 habitants1 155,06 €28,11 %13 860,69 €
500 à 999 habitants1 820,96 €44,31 %21 851,55 €
1 000 à 3 499 habitants2 289,56 €55,72 %27 474,74 €
3 500 à 9 999 habitants2 396,44 €58,32 %28 757,23 €
10 000 à 19 999 habitants2 778,71 €67,62 %33 344,57 €
20 000 à 49 999 habitants3 699,47 €90 %44 393,66 €
50 000 à 99 999 habitants4 521,58 €110 %54 258,92 €
100 000 habitants et plus5 960,26 €145 %71 523,12 €
Maires d'arrondissement (Marseille, Lyon)2 980,13 €72,5 %35 761,56 €

Pour les communes de moins de 1 000 habitants, l'indemnité maximale s'applique désormais de plein droit, sans délibération du conseil municipal. Seul le maire peut solliciter une réduction, par demande écrite. C'est un changement concret : avant, c'est le conseil qui tranchait.

Prenons un exemple réel. Jean-Christophe Rouxel, maire de La Lande-Chasles en Maine-et-Loire, commune de 116 habitants, perçoit 1 048,18 € brut par mois, soit un versement trimestriel de 3 144,54 € brut. Net de charges, cela représente moins de 900 €. Difficile de parler de rémunération confortable pour ce niveau d'engagement.

La loi Gatel : une revalorisation ciblée selon la strate démographique

La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, dite loi Gatel, a introduit une hausse progressive, concentrée sur les communes les moins peuplées. Plus la commune est petite, plus la revalorisation est forte.

  • Communes de moins de 1 000 habitants : +10 %
  • Communes de 1 000 à 3 499 habitants : +8 %
  • Communes de 3 500 à 9 999 habitants : +6 %
  • Communes de 10 000 à 19 999 habitants : +4 %

Au-delà de 20 000 habitants, les barèmes restent inchangés. Cette logique est cohérente : les maires de petites communes cumulent souvent les responsabilités sans disposer des mêmes ressources humaines qu'une large ville.

La loi Gatel a aussi réindexé l'abattement fiscal, porté à 1 600 € par mois en 2026 pour un élu ne bénéficiant pas de frais de représentation. Autre avancée concrète : le remboursement obligatoire des frais de garde d'enfants s'applique désormais aux communes de moins de 10 000 habitants, contre 3 500 auparavant. Attention : toute nouvelle délibération nécessaire pour mettre en œuvre ces dispositions ne peut pas être rétroactive.

Femme avec tablette entourée d'icônes financières et immobilières

Fiscalité, charges sociales et règles de cumul applicables aux élus

Les indemnités de fonction ne constituent pas un salaire au sens du Code du travail. Elles bénéficient d'une exonération partielle d'impôt sur le revenu en vertu de l'article 81 du Code général des impôts. Mais elles restent soumises aux cotisations sociales obligatoires : Contribution sociale généralisée (CSG), Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), ainsi que les cotisations de retraite de base et complémentaire via l'IRCANTEC. Les maires relèvent du régime général de la Sécurité sociale, sauf statut spécial.

Sur la question du cumul : un maire peut tout à fait percevoir son indemnité tout en exerçant une activité professionnelle, sauf incompatibilité statutaire. Le plafond global de cumul de mandats est fixé à 8 897,93 € par mois depuis le 1er janvier 2024. Par ailleurs, puisque le mandat électif n'est pas une activité professionnelle, l'indemnité reste compatible avec des allocations-chômage.

Un maire fonctionnaire peut demander une mise en disponibilité pour exercer son mandat. Il cesse alors de percevoir son traitement mais continue de cotiser selon son statut. Autre souplesse : le maire peut renoncer à tout ou partie de son indemnité, temporairement ou pour toute la durée du mandat. Cette décision n'est pas irrévocable.

Homme en costume examinant des documents avec icônes de gestion

Les dispositifs complémentaires : FONPEL, indemnités des adjoints et allocation de fin de mandat

Le FONPEL et la retraite supplémentaire des élus

Créé en 1992, le FONPEL (Fonds de pension des élus locaux) est un dispositif facultatif de retraite par capitalisation. L'élu cotise volontairement, et la commune peut abonder à hauteur équivalente dans la limite d'un plafond légal. La rente est versée en fin de mandat, en complément des autres droits acquis. C'est un outil utile, encore trop méconnu parmi les élus de petites communes.

Indemnités des adjoints et suppléance

Les indemnités des adjoints au maire varient de 406,94 € brut pour les communes de moins de 500 habitants à 2 712,95 € brut pour les communes de 100 000 habitants et plus, selon les barèmes au 1er janvier 2024. Leur attribution est subordonnée à l'exercice effectif du mandat et à la détention d'une délégation de fonction formalisée par arrêté du maire. Sans délégation, pas d'indemnité.

Lors d'une suppléance, l'adjoint qui remplace le maire peut percevoir l'indemnité de ce dernier, après délibération, sans pouvoir dépasser le maximum légal. En cas de maladie, maternité, paternité ou accident, l'indemnité est maintenue, dans la limite de la différence avec les indemnités journalières versées par le régime de protection sociale.

Allocation de fin de mandat et majorations possibles

Depuis décembre 2025, l'allocation de fin de mandat a été élargie à tous les maires et adjoints. Sa durée de versement est passée d'un an à deux ans, pour accompagner le retour à l'emploi. Des majorations d'indemnités peuvent aussi être votées dans certaines communes : 25 % pour les communes chefs-lieux de département, 20 % pour les chefs-lieux d'arrondissement, et des taux spécifiques pour les communes touristiques, les stations thermales, les communes sinistrées ou celles bénéficiant de la DSU (Dotation de solidarité urbaine).

Pour les intercommunalités, les présidents et vice-présidents de communautés d'agglomération ou de communautés de communes perçoivent des indemnités distinctes, aussi plafonnées. Les conseillers municipaux peuvent eux aussi bénéficier d'indemnités, dans la limite de 6 % de l'IB 1027 pour les communes de plus de 100 000 habitants. Si vous souhaitez anticiper les dates et heures de virement des indemnités et traitements des fonctionnaires et élus, un calendrier de paiement détaillé est disponible pour planifier vos finances en conséquence.

L'auteur

Harold

Harold

Harold a monté une entreprise, l'a plantée puis redressée. Fort de cette expérience, il partage aujourd'hui un regard pragmatique sur l'entrepreneuriat.

Il parle sans filtre de trésorerie, d'échecs, de levées et de fiscalité, avec une obsession pour les vrais chiffres plutôt que le storytelling. Ses articles sont directs, chiffrés et conçus pour aider ceux qui veulent comprendre la réalité économique d'une boîte.

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