Salaire d'un médecin : montants 2026
La CARMF le chiffre noir sur blanc : les médecins généralistes libéraux affichent un revenu d'activité moyen de 89 238 € annuels nets (revenus 2023, publiés en décembre 2025). Toutes spécialités libérales confondues, la DREES (étude n°1322, décembre 2024) monte à 124 000 € annuels. Derrière ces moyennes se cache une réalité bien plus contrastée. La profession regroupe 241 255 médecins en activité au 1er janvier 2025, selon l'Atlas de la démographie médicale du CNOM, dont environ 95 000 médecins généralistes. Le salaire d'un médecin dépend du mode d'exercice (libéral ou salarié), de la spécialité, de la région, de l'ancienneté et du secteur de facturation. Cet article répond à ces questions précises, chiffres officiels à l'appui.
Salaire moyen d'un médecin généraliste en France en 2026
Du chiffre d'affaires au revenu net libéral
Un médecin généraliste libéral à activité moyenne génère un chiffre d'affaires annuel d'environ 210 000 €, honoraires et forfaits cumulés. Mais ce montant brut ne dit rien du revenu réel. Les charges professionnelles absorbent 40 % à 45 % de ce chiffre d'affaires : cotisations URSSAF, CARMF, responsabilité civile professionnelle (RCP), loyer du cabinet, secrétariat, comptabilité, assurances.
Le bénéfice non commercial (BNC) annuel moyen ressort autour de 120 000 €. L'URSSAF prélève ensuite environ 30 % de cotisations sur le bénéfice net pour le secteur 1, avec un abattement de 26 % plafonné à 1,3 PASS. Le revenu net disponible après impôt sur le revenu se situe entre 4 500 € et 5 500 € mensuels pour une activité moyenne, selon les données de la CARMF.
Salaire médian et fourchettes en 2026
Le salaire médian d'un médecin généraliste oscille entre 6 000 € et 10 000 € bruts mensuels, soit 72 000 € à 120 000 € bruts annuels. Selon le profil, les estimations varient : sans expérience, comptez 85 000 € bruts annuels ; junior, 90 000 € ; confirmé, 114 999 € ; senior, 133 000 €.
La fourchette spécifique aux généralistes en 2026 s'établit entre 95 000 € et 125 000 € annuels en libéral. La DREES chiffre le revenu moyen toutes spécialités libérales à 124 000 € annuels, plaçant les généralistes légèrement en dessous de cette moyenne nationale.
Salaire d'un médecin généraliste à l'hôpital public en 2026
Grille indiciaire des praticiens hospitaliers
À l'hôpital public, le Praticien Hospitalier (PH) évolue sur une grille indiciaire à 13 échelons. Le traitement brut mensuel va de 4 200 € à l'échelon 1 jusqu'à 9 000 € à l'échelon 13. S'y ajoute l'indemnité d'engagement de service public exclusif (IESPE), soit environ 1 010 € mensuels supplémentaires pour les praticiens s'engageant à ne pas exercer en libéral.
Les gardes représentent un complément non négligeable : une garde de nuit en semaine est rémunérée environ 474 €. Les astreintes s'ajoutent selon les services. Pour un médecin fonctionnaire ou assimilé, le calendrier de paiement des fonctionnaires régit les dates de virement du traitement mensuel.
Net mensuel selon l'ancienneté à l'hôpital
Le PH débutant (échelons 1 à 3) touche entre 4 000 € et 5 000 € nets mensuels. En milieu de carrière (échelons 6 à 9), la fourchette monte à 5 500 € à 7 000 € nets. En fin de carrière (échelon 13), le net mensuel atteint 7 000 € à 8 500 €, gardes incluses. Le net moyen à l'hôpital public est donc globalement compris entre 5 000 € et 7 000 €.
| Ancienneté PH | Échelons | Net mensuel |
|---|---|---|
| Débutant | 1 à 3 | 4 000 € à 5 000 € |
| Milieu de carrière | 6 à 9 | 5 500 € à 7 000 € |
| Fin de carrière | 13 | 7 000 € à 8 500 € |
Salaire d'un médecin débutant : de l'internat aux premières années d'installation
Rémunération pendant l'internat
Pendant les études, les indemnités de stage hospitalier varient de 1 600 € à 2 100 € bruts mensuels selon l'année et les gardes effectuées. Un interne en médecine générale en 1re année perçoit environ 1 600 € bruts mensuels hors gardes. En 3e année du DES (dernière année), avec des gardes régulières, il atteint environ 2 800 € bruts mensuels.
Pour rappel, devenir médecin généraliste réclame 9 années après le baccalauréat : PASS ou L.AS, DFGSM (2e et 3e années), DFASM (4e à 6e années, externat), puis 3 ans de DES. Depuis la réforme, l'EDN remplace l'ancien ECN en fin de 6e année.
Premières années après la thèse
S'installer en libéral ne signifie pas percevoir immédiatement un revenu plein. Il faut compter 6 à 18 mois pour atteindre un volume d'activité stabilisé. Le salaire débutant est estimé à 85 000 € bruts annuels, soit 4 564 € à 4 765 € nets mensuels. Le statut d'assistanat partagé en zone sous-dense propose une rémunération sécurisée avec prime d'installation. Le médecin remplaçant, lui, perçoit généralement 70 % à 80 % des honoraires du médecin remplacé par rétrocession.
Comment évolue le salaire d'un médecin au fil de la carrière
Progression selon l'expérience
La montée en puissance est réelle mais lente au départ. Un profil junior démarre à 90 000 € bruts annuels, un confirmé dépasse 114 999 €, un senior atteint 133 000 €. Le profil expérimenté se situe entre 117 000 € et 120 000 € bruts annuels, soit 7 773 € à 7 973 € nets mensuels.
Le pic de revenu se situe habituellement entre 45 et 60 ans. Entre 2017 et 2021, les médecins installés depuis 10 à 29 ans ont progressé de +2,6 % annuels en euros constants, ceux présents depuis 30 ans ou plus de +2,3 %. À l'inverse, les médecins installés depuis moins de 10 ans ont subi une baisse de 2,8 % sur la même période.
Facteurs qui font varier la rémunération
Le secteur d'exercice pèse lourd : le secteur 2 génère en moyenne 30 % de revenus supplémentaires par rapport au secteur 1, grâce aux dépassements d'honoraires. La région, le volume d'activité et la participation aux gardes jouent aussi. 31 % des médecins libéraux cumulent une activité salariée complémentaire.
L'écart hommes/femmes reste frappant : 148 000 € annuels en moyenne pour les hommes contre 90 000 € pour les femmes, toutes spécialités confondues. Le rapport interdécile D9/D1 atteint 7, autrement dit les 10 % des médecins les mieux payés gagnent 7 fois plus que les 10 % en bas de l'échelle.

Les compléments de rémunération à ne pas négliger en libéral
Forfait Médecin Traitant et ROSP
Le Forfait Médecin Traitant (FMT), entré pleinement en vigueur en 2026, fusionne l'ancienne ROSP et le volet 1 du forfait structure. Calculé sur la patientèle, il représente généralement 6 000 € à 8 000 € annuels. La Rémunération sur Objectifs de Santé Publique représentait en moyenne 5 000 € annuels, indexée sur des indicateurs de qualité de prescription et de suivi.
Le forfait structure conserve une valeur du point à 7 €. Avec 280 points, cela représente 1 960 €. Le volet 2 peut apporter jusqu'à 6 181 € supplémentaires selon les critères remplis (équipements du cabinet, maison médicale, télémédecine...).
Aides à l'installation en zones sous-denses
Depuis le 1er janvier 2026, les aides sont versées automatiquement : 10 000 € en Zone d'Intervention Prioritaire (ZIP) et 5 000 € en Zone d'Action Complémentaire (ZAC). Pour les jeunes médecins s'installant en désert médical, le forfait patientèle est revalorisé de +50 % la première année, +30 % la deuxième, +10 % la troisième.
Ces dispositifs répondent à une réalité concrète : 11 % des Français n'ont pas de médecin traitant, soit près de 7,5 millions de personnes selon la CNAM. La densité moyenne de généralistes atteint seulement 11,3 pour 10 000 habitants.
Tarifs de consultation et ce que gagne réellement le médecin par acte
La convention médicale 2024-2029, signée le 22 décembre 2024, a revalorisé les tarifs. La consultation standard passe à 30 € (contre 26,50 € auparavant). La consultation d'un enfant de moins de 6 ans est fixée à 35 €, la téléconsultation reste à 25 €, l'avis ponctuel consultant à 60 €. Depuis janvier 2026, la consultation longue pour les patients de plus de 80 ans est également tarifée 60 €.
Sur une consultation à 30 €, le généraliste ne conserve réellement que 14 € à 16 € nets après charges sociales et frais de fonctionnement du cabinet. Ce calcul illustre pourquoi le volume d'actes prime autant que le tarif unitaire. À noter : 95 % des généralistes exercent en secteur 1, seuls 5 % en secteur 2.
Salaire d'un médecin selon la région en France
La Normandie domine le classement régional avec 9 166 € bruts mensuels, soit 110 000 € annuels. Les Pays de la Loire suivent à 8 914 € (106 979 € annuels). La Corse, l'Sans compter-Mer et le Centre-Val de Loire affichent tous 8 902 € mensuels (106 834 € annuels).
| Région | Brut mensuel | Brut annuel |
|---|---|---|
| Normandie | 9 166 € | 110 000 € |
| Pays de la Loire | 8 914 € | 106 979 € |
| Corse / Mis à part-Mer / Centre-Val de Loire | 8 902 € | 106 834 € |
| PACA / AuRA / Occitanie / Grand Est | 8 333 € | 100 000 € |
| Nouvelle-Aquitaine | 8 038 € | 96 460 € |
| Bourgogne-Franche-Comté | 7 916 € | 95 000 € |
| Île-de-France / Bretagne / Hauts-de-France | 7 500 € | 90 000 € |
Paradoxalement, l'Île-de-France figure en bas du classement régional malgré une patientèle dense. Les charges élevées du cabinet parisien et la concurrence entre confrères expliquent en partie cet écart. Le comparatif régional confirme que les zones rurales ou semi-urbaines offrent souvent une meilleure rentabilité pour le praticien installé.
Comparatif des salaires des médecins spécialistes en 2026
Les spécialités chirurgicales et techniques les mieux rémunérées
Les spécialités techniques dominent sans ambiguïté. Le cancérologue/oncologue atteint 385 000 € annuels en 2026 (contre 326 664 € en 2021). Le neurochirurgien progresse à 310 000 € (195 000 € en 2021), et peut dépasser 300 000 € nets en clinique privée. Le médecin nucléaire s'établit à 220 000 €, le radiologue à environ 210 000 €.
L'anesthésiste-réanimateur libéral ou en clinique privée génère entre 160 000 € et 220 000 € annuels nets. Le chirurgien vasculaire peut atteindre 220 000 € nets. L'ophtalmologue dépasse désormais 156 000 € (122 075 € en 2021), et le chirurgien 142 000 € (106 788 € en 2021). Ces évolutions salariales témoignent d'une revalorisation marquée des actes techniques.
Les spécialités cliniques et médicales
Le cardiologue libéral tourne autour de 170 000 € annuels, le gastro-entérologue de 165 000 €. Le gynécologue-obstétricien libéral se situe entre 120 000 € et 180 000 € annuels. Le dermatologue libéral progresse entre 95 000 € et 150 000 € en 2026 (88 000 € en 2021). Le neurologue libéral, lui, varie entre 90 000 € et 140 000 € annuels nets.
En bas de classement des spécialités libérales, le pédiatre libéral affiche 75 000 € annuels nets (6 250 € mensuels). Le psychiatre stagne à environ 90 000 €. L'infectiologue touche entre 4 500 € et 7 500 € nets mensuels selon ancienneté, le médecin légiste entre 4 000 € et 6 500 €. Le médecin généraliste reste à environ 95 000 € annuels selon la DREES.

Libéral ou salarié : quel mode d'exercice est le mieux rémunéré
La comparaison est souvent tranchée trop vite. En libéral, le revenu net disponible atteint 4 500 € à 5 500 € mensuels après impôts pour un généraliste à activité moyenne, avec un potentiel brut de 95 000 € à 125 000 € annuels grâce au FMT, à la ROSP et au forfait structure. À l'hôpital public, le PH débutant démarre à 4 000 €-5 000 € nets, mais grimpe à 7 000 €-8 500 € en fin de carrière.
Le libéral offre un potentiel supérieur à long terme, mais les charges professionnelles (40 % à 45 % du chiffre d'affaires) et l'absence de protection salariale constituent des risques réels. 31 % des médecins libéraux choisissent d'ailleurs une activité mixte pour combiner les deux statuts. La retraite moyenne versée par la CARMF aux libéraux s'élève à environ 3 000 € mensuels, un niveau que beaucoup jugent insuffisant.
Salaire d'un médecin à l'étranger : comparatif Europe et au-delà en 2026
La Suisse reste la destination la plus lucrative d'Europe : entre 9 000 CHF et 18 000 CHF nets mensuels. Le Luxembourg offre 8 000 € à 12 000 €. Le Royaume-Uni via le NHS propose 6 000 £ à 9 000 £. L'Allemagne se situe entre 5 500 € et 7 500 €, la Belgique entre 4 000 € et 6 500 €.
La France (4 500 €-5 500 €) dépasse le Portugal (2 500 €-3 500 €), l'Espagne (2 800 €-4 500 €) et le Maroc (1 500 €-4 000 €). Le Québec, au Canada, affiche des revenus entre 15 000 CAD et 25 000 CAD mensuels. Ces écarts expliquent les départs de praticiens français vers la Suisse ou l'Amérique du Nord, une tendance documentée par le CNOM depuis plusieurs années.
Ce que révèlent les données officielles sur les salaires des médecins
Croiser les sources officielles permet de dégager des certitudes. La CARMF chiffre le revenu moyen des généralistes libéraux à 89 238 € nets annuels (revenus 2023). La DREES, sur les revenus 2021, atteint 124 000 € toutes spécialités libérales. L'Ameli fixe les tarifs via la convention 2024-2029. L'évolution annuelle réelle n'était que de +0,7 % en euros constants entre 2017 et 2021 pour les généralistes.
L'écart secteur 2 vs secteur 1 reste stable à +30 % en faveur du secteur 2. Parmi les 241 255 médecins actifs, 27 % des omnipraticiens exercent en secteur 2, même si seulement 5 % des généralistes stricts suivent ce choix. La DGFIP et la CNAM confirment une concentration des revenus : le rapport D9/D1 à 7 traduit une dispersion considérable des revenus médicaux, rarement évoquée dans les débats sur la revalorisation.
Questions fréquentes sur le salaire d'un médecin en 2026
Combien gagne un médecin généraliste libéral net par mois en 2026 ?
La réponse directe : entre 4 500 € et 5 500 € nets mensuels après impôts pour une activité moyenne. Ce montant correspond à un BNC d'environ 120 000 € annuels, après déduction de 40 % à 45 % de charges professionnelles sur un chiffre d'affaires d'environ 210 000 €. Le revenu brut annuel oscille entre 95 000 € et 125 000 € selon la patientèle et les forfaits perçus.
Quelle est la spécialité médicale la mieux rémunérée en France ?
Sans hésitation : le cancérologue/oncologue, à 385 000 € annuels en 2026. Il devance le neurochirurgien (310 000 €) et le médecin nucléaire (220 000 €). Les spécialités techniques à actes élevés (radiologie, anesthésie-réanimation, chirurgie vasculaire) figurent systématiquement en tête des revenus libéraux. L'honoraire par acte technique et la fréquence des interventions font toute la différence.
Un médecin spécialiste gagne-t-il plus en libéral qu'à l'hôpital ?
Dans la grande majorité des spécialités, oui. L'exemple de l'anesthésiste-réanimateur est parlant :
- À l'hôpital public : 6 000 € à 10 000 € nets mensuels grâce aux gardes et astreintes fréquentes
- En libéral ou clinique privée : 160 000 € à 220 000 € annuels nets
- Atouts hospitaliers : stabilité, IESPE (1 010 €/mois), retraite complémentaire
- Avantages libéraux : dépassements d'honoraires en secteur 2, autonomie, potentiel de revenus bien supérieur
- Profil mixte : 31 % des libéraux cumulent une activité salariée complémentaire pour mêler sécurité et revenu élevé
L'hôpital garde ses atouts : absence de charges professionnelles personnelles, protection sociale complète, gardes rémunérées. Pour autant, le libéral reste nettement plus rémunérateur pour les spécialistes à fort volume d'actes techniques, à condition d'accepter la complexité de gestion d'un cabinet ou d'une maison médicale.
La vraie question n'est pas seulement financière. Elle porte sur le type d'exercice souhaité, l'appétit au risque économique et la capacité à construire une patientèle sur le long terme. Les données 2026 le confirment : privilégier sa spécialité et son mode d'exercice reste la décision la plus structurante pour le revenu d'un médecin tout au long de sa carrière.
- Revenu net mensuel généraliste libéral moyen 2026 : 4 500 € à 5 500 €
- Revenu net mensuel PH hôpital public : 4 000 € à 8 500 € selon ancienneté
- Spécialité la mieux rémunérée : cancérologie/oncologie à 385 000 € annuels
- Écart hommes/femmes : 148 000 € vs 90 000 € annuels toutes spécialités
- Retraite moyenne CARMF libéraux : 3 000 € mensuels
- CARMF (revenus 2023, publiés décembre 2025)
- DREES, étude n°1322 (revenus 2021, publiée décembre 2024)
- Ameli, convention médicale 2024-2029
- CNOM, Atlas de la démographie médicale 2025
- DGFIP et CNAM, données fiscales et d'activité
L'auteur
Cecile a débuté dans la formation en entreprise avant de s'en lasser et de décider de tester elle‑même chaque méthode qu'elle recommande. Elle privilégie l'expérimentation terrain et la preuve par les résultats plutôt que la théorie creuse.
Elle démonte les « formations bidon » et ne retient que ce qui change vraiment un comportement, avec un ton vif et résolument sceptique. Ses articles sont directs, pratiques et conçus pour produire des résultats mesurables.
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